
Accueil > À l’Assemblée > Neurodiversité : briser le silence, construire l’inclusion
Le 13 mai, j’ai co-animé à l’Assemblée nationale un petit-déjeuner parlementaire consacré à la neurodiversité. Nous avons échangé sur l’autisme sans déficience, le TDAH, les troubles dys et le haut potentiel.
Deux intervenantes d’exception ont nourri les échanges, apportant chacune un regard irremplaçable sur ces questions : Pr Marion Leboyer, psychiatre, professeure à l’UPEC, directrice de la Fondation FondaMental, experte en psychiatrie de précision & Juliette Speranza; enseignante-chercheuse à l’INSEI, docteure en philosophie, fondatrice de l’association La Neurodiversité-France
La complémentarité de leurs approches : médicale et philosophique, clinique et pédagogique a donné toute sa richesse à cette matinée.
Le constat est sévère : la France accuse encore des retards importants en matière de repérage, de diagnostic et d’accompagnement des personnes neurodivergentes. Les centres experts FondaMental, présents sur l’ensemble du territoire, font un travail remarquable mais faute de moyens suffisants, les délais d’attente pour un bilan atteignent des niveaux inacceptables.
Jusqu’à 3 ans, c’est le délai d’attente pour accéder à un bilan dans les centres experts FondaMental. Un délai qui a des conséquences directes et souvent irréversibles sur la trajectoire des personnes concernées.
Ces retards ne sont pas abstraits. Ils se traduisent par du décrochage scolaire, des difficultés d’insertion professionnelle, de l’isolement, et des comorbidités lourdes. Certains profils sont particulièrement invisibilisés : les femmes, dont les manifestations sont souvent atypiques, les adolescents et les jeunes adultes, qui arrivent parfois à l’âge adulte sans jamais avoir reçu le moindre diagnostic.
La neurodiversité ne se réduit pas à une question médicale. Elle traverse l’école, l’université, l’emploi et la lutte contre les discriminations. On ne peut plus demander aux personnes neurodivergentes de s’adapter seules à des systèmes rigides qui ne sont pas faits pour elles. L’enjeu est de construire des environnements réellement inclusifs dès la conception, pas en rattrapage.
C’est une transformation culturelle autant que politique. Et elle commence par ce genre de rendez-vous : réunir des parlementaires, des chercheurs, des acteurs de terrain, pour mettre des mots sur ce que vivent des millions de nos concitoyens

