Prédation du loup : du terrain et un engagement sans relâche

En l’espace d’une semaine, deux moments forts sur le même sujet, avec les mêmes acteurs : la prédation du loup en Aveyron, et ce qu’elle fait concrètement à ceux qui élèvent des brebis sur chez nous.

Fin avril : une rencontre à Séverac, la prédation au cœur du débat agricole

Fin avril, j’étais près de Séverac-d’Aveyron avec un groupe d’éleveurs pour évoquer la situation de leurs exploitations. Le contexte immédiat était celui du projet de loi d’urgence agricole, alors en discussion à l’Assemblée nationale. Mais très vite, c’est la question du loup qui a pris une grande place.

Ce n’est pas un hasard. Pour ces éleveurs à deux pas de la Lozère, le sujet n’est pas théorique. Ce sont des bêtes perdues, des troupeaux traumatisés, des nuits hachées. La prédation n’est pas une statistique : c’est une réalité qui s’accumule, qui épuise, et qui interroge profondément le sens même de leur métier.

Ces échanges ont été directs et nécessaires. Ils ont confirmé ce que je porte depuis longtemps dans les débats parlementaires : on ne peut pas demander à des éleveurs de s’adapter indéfiniment. 

Début mai : une nuit sur le terrain

Début mai, un éleveur de brebis installé en bio sur le secteur de Séverac-d’Aveyron — 109 bêtes au troupeau — a subi une attaque de loup. Plusieurs brebis ont été tuées.

Dans la nuit du 3 au 4 mai, je me suis rendu auprès de lui et des agriculteurs qui s’étaient mobilisés. Ensemble, nous avons passé une partie de la nuit à surveiller le troupeau dans le cadre d’un tir de défense — dispositif légal permettant aux éleveurs de protéger leurs animaux. Les observations ont été faites aux jumelles thermiques et au monoculaire thermique.

J’étais là pour une raison simple : voir. Comprendre ce que vivent ces éleveurs, pas depuis un bureau, mais à leurs côtés.

Ce que cette nuit dit de la situation

Surveiller son troupeau la nuit, équipement en main, n’est pas le métier d’un éleveur. C’est une charge supplémentaire qui s’ajoute à un quotidien déjà éprouvant — la fatigue, l’inquiétude constante, le sentiment d’être seul face à un prédateur que la réglementation protège.

Des outils existent pourtant : la brigade loup, les bénévoles engagés dans les dispositifs de surveillance, les lieutenants de louveterie. Ce sont eux qui ont vocation à tenir ce rôle. 

 

Publié le :
7 mai 2026
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